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Dossier

Noni : le fruit qui a changé de nom

Un fruit qu'on donnait aux cochons, une molécule jamais isolée, et un jus à trente euros le litre

Aux Antilles, l'arbre s'appelle nono, pomme-chien ou corossol à chien, et son fruit mûr sent le fromage oublié. Antan lontan, en Guadeloupe, on le donnait aux cochons. Ailleurs il s'appelle noni, se vend en bouteille de verre opaque et se prend à la cuillère. Entre les deux noms, il y a une molécule brevetée en 1985 que personne n'a jamais isolée, un texte européen qui refuse d'écrire le mot « bienfait », et six cas d'hépatite. L'histoire mérite d'être racontée dans l'ordre.

9 min de lecture · 11 sources

Planche botanique de Morinda citrifolia : rameau, feuilles opposées, fleurs blanches et fruit composé
Morinda citrifolia, planche de la Flora de Filipinas de Blanco — le fruit criblé d'yeux, le port du bord de mer. · Francisco Manuel Blanco (O.S.A.) — Public domain · source

Le fruit

La pomme-chien du bord de mer

Morinda citrifolia est une Rubiacée — la famille du café — qui pousse en arbuste ou petit arbre de trois à six mètres sur les littoraux sableux et dans les bois secs. Elle est native du Queensland et de l'Asie du Sud-Est, distribuée d'un bout à l'autre du Pacifique par les courants et par les navigateurs polynésiens, et naturalisée dans toute la Caraïbe. En Guadeloupe et en Martinique on l'appelle nono, pomme-chien, ou corossol à chien — kowosol a chyen. Les sources locales datent son arrivée dans les îles françaises de 1782, sans qu'un document primaire soit venu confirmer la date.

Le fruit ressemble à une petite pomme de terre translucide criblée d'yeux. À pleine maturité, deux acides gras — l'acide caproïque et l'acide caprylique — lui donnent une odeur franche de fromage rance. C'est un fruit du bord de chemin, que personne aux Antilles n'a jamais mangé pour le plaisir.

Les trois noms créoles disent la même chose, et la disent mieux que n'importe quelle notice. « Corossol à chien » vient d'une ressemblance de surface avec le fruit du corossolier — un fruit composé, une peau bosselée — alors que les deux plantes n'ont aucun lien : Annonacée d'un côté, Rubiacée de l'autre. Et le déterminant « à chien », comme dans tout le créole des jardins, ne décrit pas un usage : il classe. Ce qui est « à chien » n'est pas pour la table des humains.

Le témoignage guadeloupéen est plus direct encore : antan lontan, le corossol à chien se donnait aux cochons. C'est le même fruit qui se vend aujourd'hui autour de vingt-huit euros le litre, avec une posologie imprimée sur l'étiquette.

Le nom

De nono à noni : deux lettres de marketing

En tahitien, l'arbre et son fruit s'appellent nono. Le nom qui circule aujourd'hui dans le monde entier est « noni » — un mot récent, choisi pour la commercialisation du jus. La raison est linguistique et commerciale : « nono » s'entend « no-no » en anglais, et le premier marché du produit fut celui des États-Unis.

Ce détail n'est pas anecdotique : il indique qui a écrit l'histoire. Le vocabulaire du noni est un vocabulaire de vente, pas de pharmacopée. Aux Antilles, la plante s'est mise à s'appeler noni au moment où elle s'est mise à se vendre.

La chose est si connue dans les îles qu'elle figure sur les sites de flore locale à côté du nom de l'espèce : le nom de noni a été donné récemment en vue d'exporter le jus vers le marché américain. Les Antilles n'ont pas adopté un mot tahitien, elles ont adopté un nom de produit — et gardé les leurs à côté, ce qui est une forme de lucidité.

La molécule

La xéronine, ou l'art de breveter une hypothèse

Tout le discours santé du noni repose sur un seul édifice : la xéronine. Ralph Heinicke, biochimiste passé par l'industrie de l'ananas à Hawaï, postule l'existence d'un alcaloïde universel qui « redresserait » les protéines mal repliées, et d'un précurseur, la proxéronine, dont le noni serait la source la plus riche. Il dépose un brevet en 1983 ; il est délivré en 1985.

Le brevet est consultable. Deux choses y frappent. D'abord, le noni n'y figure pas : les matières premières décrites sont la broméline d'ananas, la présure, la ficine, l'amylase pancréatique. Ensuite, l'auteur écrit noir sur blanc que toutes les tentatives d'obtenir un spectre de masse exploitable ont échoué, et qu'il « suppose provisoirement » une masse moléculaire de 428. Une revue de 2017 qui a tenté d'en modéliser la structure conclut que la présence même de la xéronine reste controversée et que sa structure n'a jamais été explorée.

Quarante ans plus tard, la molécule n'a été isolée par personne d'autre, sa formule n'est pas établie, et aucune base de données de référence ne la répertorie. Elle continue pourtant d'être citée comme le principe actif du noni sur des milliers de pages commerciales.

La loi

Ce que l'Europe a autorisé, et ce qu'elle a refusé d'écrire

Le 5 juin 2003, la Commission européenne autorise la mise sur le marché du « jus de noni » comme nouvel ingrédient alimentaire, à la demande de la société Morinda Inc. installée à Provo, dans l'Utah. Le texte tient sur une page du Journal officiel.

Son troisième considérant est le passage le plus intéressant de toute la littérature sur le noni. Le comité scientifique de l'alimentation humaine y juge le produit acceptable aux niveaux de consommation observés, puis note que les données fournies n'apportaient aucun élément prouvant des effets bénéfiques particuliers sur la santé, supérieurs à ceux d'autres jus de fruits.

L'autorisation porte donc sur une seule chose : le droit de vendre un jus. Aucune allégation de santé n'a jamais été autorisée pour le noni dans l'Union européenne. Les mentions « immunomodulateur », « détox », « protection cellulaire » qui l'accompagnent souvent ne s'appuient pas sur ce texte — elles s'appuient sur son existence, ce qui n'est pas la même chose.

La clinique

Cinquante et un patients, zéro régression

Le noni a été testé chez l'humain contre le cancer. Un essai de phase I mené à Hawaï par Brian Issell a inclus cinquante et un patients atteints de cancers avancés, sur sept paliers de dose, pendant au moins quatre semaines. Aucune régression tumorale n'a été mesurée selon les critères RECIST. La dose maximale tolérée a été fixée par un motif prosaïque : au palier suivant, sept patients sur huit ont abandonné parce qu'il fallait avaler trop de gélules.

Issell lui-même a résumé le résultat : rien n'indiquait que le noni faisait fondre les cancers. Une tendance à moins de fatigue a été observée aux doses moyennes, ce qui a servi à choisir une dose pour un éventuel essai de phase II. À ce jour, aucun essai contrôlé n'a démontré d'effet anticancéreux du noni chez l'humain. Tout le reste — activité antiproliférative, antiangiogénique, immunostimulante — est de la préclinique : éprouvette et souris.

C'est exactement le motif du corossol, du moringa et du gaïac avant eux : une plante réelle, un composé actif in vitro, un saut logique vers « ça guérit », un marché.

Le foie et les reins

Six cas, une greffe, et cinquante-six milliéquivalents

Entre 2005 et 2008, des services d'hépatologie autrichiens, allemands et finlandais publient une série de cas d'hépatite aiguë chez des consommateurs de jus de noni. L'un des plus sévères concerne un homme de 29 ans qui avait bu un litre et demi de jus en trois semaines : insuffisance hépatique subaiguë, transplantation en urgence. Une femme de 62 ans, deux litres sur trois mois, a fait une hépatite aiguë spontanément résolutive. Les anthraquinones du genre Morinda ont été suspectées.

L'EFSA a réévalué le dossier deux fois. Elle n'a pas retenu de lien de causalité convaincant — dans des cas isolés, on ne peut jamais exclure d'autres expositions hépatotoxiques — et a maintenu que le jus est sûr pour la population générale. Elle a ajouté, en 2009, une réserve qui vaut d'être lue : le nombre croissant de signalements pourrait indiquer que certaines personnes y sont sensibles.

L'autre risque est plus mécanique, et plus pertinent aux Antilles où l'insuffisance rénale est fréquente. En 2000, des néphrologues d'Indianapolis rapportent le cas d'un homme en insuffisance rénale chronique arrivé en consultation avec une hyperkaliémie malgré un régime pauvre en potassium. Le dosage du jus de noni qu'il buvait donne 56,3 mEq/L de potassium — l'ordre de grandeur du jus d'orange ou de tomate. Il s'était mis au noni parce qu'un proche lui avait dit que ça guérissait le cancer. Il n'est jamais revenu à la consultation.

L'étiquette

Onze pour cent de raisin et de myrtille

Le jus qui a fondé le marché n'est pas du noni. Le produit décrit dans le dossier réglementaire européen est un mélange à 89 % de jus de fruit de Morinda citrifolia et 11 % de concentrés de raisin et de myrtille, avec arômes naturels. Ces onze pour cent ne sont pas là par hasard : le noni seul est amer et malodorant.

Une équipe brésilienne a poussé la logique jusqu'au bout en 2010 : elle a mesuré les polyphénols et l'activité antioxydante du jus commercial, puis de ses constituants séparés. Le concentré de myrtille surclasse tout le reste, et les auteurs concluent que ces 10 % de raisin et de myrtille contribuent significativement à l'activité antioxydante attribuée au produit. Un jus vendu au rayon « antioxydants » dont l'antioxydant vient en bonne part de la myrtille.

Les jus purs, eux, se vendent aujourd'hui autour de vingt-cinq à trente euros le litre avec une posologie de 30 ml par jour, et parfois un tableau de « valeurs bio-électroniques » — pH, rH2, résistivité. Ces trois chiffres viennent de la bioélectronique de Vincent, un cadre des années 1950 sans reconnaissance scientifique. Ils mesurent quelque chose de réel — un pH de 3,5, c'est un jus acide — et n'en déduisent rien de démontrable.

Le vrai métier

Ce que le noni a réellement produit

Il y a pourtant une chose que Morinda citrifolia a fait à l'échelle industrielle, et elle n'a rien à voir avec la santé. Son écorce de racine contient un glucoside, la morindine, qui donne par hydrolyse un colorant rouge, la morindone — la teinture dite rouge turc, proche de celle de la garance. La concentration atteint 0,25 à 0,55 % dans l'écorce fraîche d'un arbre de trois à cinq ans ; les petites racines sont les plus riches, les grosses sont jetées.

À la fin du XIXe siècle, des plantations couvraient les côtes du nord de Java pour alimenter la teinture des batiks : on pile l'écorce de racine avec de l'écorce de jirak, on la broie à l'eau et on l'applique à la main sur un tissu préparé à l'émulsion alcaline, quatre fois par jour pendant dix jours. Selon le mordant, l'aluminium donne un rouge orangé, le chrome un chocolat, le fer un violet sombre. L'alizarine de synthèse a mis fin à tout cela.

C'est le renversement de l'histoire : la seule filière que le noni ait vraiment portée fut une filière de couleur, comme le roucou et l'indigo aux Antilles. Le fruit, lui, n'a jamais rien guéri — mais il fait vivre un marché mondial. La racine, qui teignait pour de bon, ne vaut plus rien.

Le verdict

Un fruit, pas une ordonnance

Le noni est un fruit tropical acide, riche en potassium, pauvre en sucre, dont le jus fermenté est buvable dilué. C'est tout, et ce n'est pas rien : la pomme-chien a sa place dans le paysage antillais et dans les rimèd razié.

Ce qui n'a pas sa place, c'est la promesse. Aucun essai contrôlé n'appuie les allégations qui portent le marché ; aucune allégation de santé n'est autorisée en Europe ; le seul texte réglementaire qui existe dit explicitement que rien ne prouve un bénéfice supérieur aux autres jus de fruits. Et le vrai principe actif du produit fondateur, si on parle de mesure, ressemble beaucoup à de la myrtille.

Reste le meilleur test, et il ne demande aucune bibliographie : demandez à quelqu'un qui a grandi là-bas ce qu'est un corossol à chien. La réponse arrive avant l'argumentaire.

Archives

Les formules d'époque

Transcrites depuis leurs sources, avec leur date et leur référence. zebapik cite ces textes pour ce qu'ils sont — des documents. Ils disent ce qu'on faisait, pas ce qu'il faut faire.

1985

Le brevet de 1985

Ralph M. Heinicke · Xeronine, a new alkaloid, useful in medical, food and industrial fields — brevet US 4 543 212 (Research Corporation of the University of Hawaii) · demande n° 06/530 689 déposée le 9 septembre 1983, délivrée le 24 septembre 1985 ; revendication 1 et section « Recovery of Xeronine from Natural Sources »

Partir d'extraits lipophiles de plante, de bactérie ou d'animal produisant l'alcaloïde ; y combiner des lysozymes ; abaisser progressivement la concentration en calcium libre jusqu'au niveau qui active l'enzyme ; maintenir le pH entre 3,5 et 5,0 pour libérer la « xéronine », de masse moléculaire supposée comprise entre 413 et 518. Au laboratoire, l'auteur bloque le groupe SH du précurseur par un sel de mercure — le chlorure d'éthylmercure.

Registre médical d'époque Mis en français d'aujourd'hui Document — non reproduit voir la source

Document fondateur du marché mondial du noni, transcrit pour ce qu'il est et non pour être suivi. Trois raisons de ne rien en refaire : le procédé emploie un composé organomercuriel ; il ne mentionne nulle part Morinda citrifolia, les matières premières décrites étant la broméline d'ananas, la présure et la ficine ; et l'auteur reconnaît dans le texte que le spectre de masse n'a jamais abouti et que la masse de 428 n'est qu'une hypothèse provisoire. Quarante ans après, aucune équipe indépendante n'a isolé la molécule ni établi sa structure.

2006

La composition autorisée, 2006

Groupe scientifique NDA de l'Autorité européenne de sécurité des aliments · Opinion related to the safety of noni juice (juice of the fruits of Morinda citrifolia), The EFSA Journal 376 · description du produit ; autorisation initiale par la décision 2003/426/CE du 5 juin 2003, JO L 144 du 12.6.2003, p. 12

Le « jus de noni » autorisé dans l'Union européenne est un mélange de 89 % de jus de fruit de Morinda citrifolia et de 11 % de concentrés de raisin et de myrtille, avec arômes naturels, destiné aux boissons pasteurisées aux fruits. Consommation suggérée par le fabricant : 30 ml par jour.

Cuisine Mis en français d'aujourd'hui Document — non reproduit voir la source

Ce n'est pas une recette de cuisine mais la définition réglementaire d'un produit industriel : on ne la refait pas, on la lit. Elle mérite sa place aux archives parce qu'elle dit tout haut ce que l'étiquette dit tout bas — il faut onze pour cent d'autres fruits pour rendre le noni buvable, et une mesure brésilienne de 2010 attribue à ces onze pour cent une part significative de l'activité antioxydante vendue avec le produit.

Tout le fonds d'archives →

Sources

  1. 01 Pl@ntUse — PROSEA, Morinda citrifolia (J. J. Groenendijk, 1992)Origine Queensland ; naturalisé dans la Caraïbe ; morindine de l'écorce de racine à 0,25-0,55 % ; teinture rouge turc ; plantations du nord de Java à la fin du XIXe ; procédé de teinture batik à l'écorce de jirak
  2. 02 AZ Martinique ; Martinique A nuNoms locaux nono et pomme-chien ; introduction dans les îles françaises datée de 1782 ; « noni » nom commercial du jus, choisi pour éviter la consonance « no-no » en anglais ; arbre de 3 à 6 m des bois secs et du littoral sableux
  3. 03 Flore guadeloupéenne (gwadada an mwen) ; magazine Destination Guadeloupe ; photos-antilles-guadeloupe.comNoms vernaculaires « corossol à chien » / « corossol chien », créole kowosol a chyen ; à ne pas confondre avec le corossol comestible ; « antan lontan » le fruit se donnait aux cochons en Guadeloupe ; nom de noni donné récemment pour l'exportation du jus vers le marché américain
  4. 04 Commission européenne — décision 2003/426/CE du 5 juin 2003 (JO L 144, p. 12)Autorisation du « jus de noni » comme nouvel ingrédient alimentaire, demandeur Morinda Inc. ; considérant 3 : aucun élément prouvant des effets bénéfiques particuliers sur la santé supérieurs à ceux d'autres jus de fruits
  5. 05 EFSA — The EFSA Journal 376 (2006) et 998 (2009)Composition du jus autorisé (89 % noni, 11 % raisin et myrtille) ; cas d'hépatite rapportés en Autriche, Allemagne et Finlande ; pas de causalité convaincante établie ; sûr pour la population générale, avec réserve sur une possible sensibilité individuelle
  6. 06 Stadlbauer et coll., World J Gastroenterol 11 (2005) ; Millonig et coll., Eur J Gastroenterol Hepatol 17 (2005) ; Yüce et coll., Digestion 73 (2006)Hépatotoxicité du jus de noni : deux cas dont une transplantation hépatique urgente après 1,5 L en trois semaines ; anthraquinones suspectées
  7. 07 Mueller et coll., Am J Kidney Dis 35 (2000) 310-312Hyperkaliémie chez un insuffisant rénal chronique consommant du jus de noni ; potassium mesuré à 56,3 mEq/L, comparable au jus d'orange et de tomate
  8. 08 Issell et coll., essai de phase I (Université d'Hawaï)51 patients atteints de cancers avancés, sept paliers de dose : aucune régression tumorale selon RECIST ; dose maximale tolérée limitée par le nombre de gélules ; aucun essai contrôlé anticancéreux à ce jour
  9. 09 R. M. Heinicke, brevet US 4 543 212 (1985) ; revue de chémoinformatique, 2017Xéronine et proxéronine : hypothèse brevetée ; spectre de masse non abouti, masse supposée 428 ; présence controversée et structure jamais explorée dans la littérature
  10. 10 Braz J Pharm Sci 46 (2010) — polyphénols totaux et activité antioxydante du jus de noni commercialLe concentré de myrtille surclasse les autres constituants ; les 10 % de raisin et de myrtille contribuent significativement à l'activité antioxydante du produit commercial
  11. 11 Relevé de prix, distributeurs français de compléments alimentaires (juillet 2026)Jus de noni bio pur, 500 ml à 14,10 € — soit environ 28 € le litre ; posologie conseillée 30 ml par jour ; affichage de « valeurs bio-électroniques » (pH 3,5, rH2 18, rô 134)

Un dossier zebapik raconte et met en contexte ; il ne prescrit pas. « Sa tradisyon di » rapporte des usages culturels, « Sa lasyans di » des données vérifiables. Les allégations commerciales de santé sont débunkées, jamais relayées. Règlement (CE) 1924/2006.