Origine
Une racine venue d'Asie par la route des épices
Le gingembre (Zingiber officinale) est originaire d'Asie du Sud-Est, où il est cultivé et échangé depuis des millénaires. Il fut l'une des premières épices à voyager sur les routes commerciales entre l'Orient et l'Europe, si prisée qu'elle valait, à certaines époques, son poids en argent.
Aux Antilles, il est introduit tôt dans la période coloniale et s'y acclimate parfaitement : la Jamaïque en deviendra même un grand exportateur. Dans le jardin créole, il pousse discrètement, sa racine noueuse cachée sous terre jusqu'à la récolte.
Botanique
Cousin du curcuma et de la cardamome
Le gingembre appartient aux Zingibéracées, la même famille que le curcuma (le safran-péyi) et la cardamome. La plante forme de longues feuilles élancées ; c'est le rhizome, charnu et parfumé, qu'on récolte et qu'on utilise.
Jeune, il est tendre et doux ; vieux, il devient fibreux et piquant. Sa saveur vient surtout du gingérol, un composé qui donne cette chaleur caractéristique en bouche.
En cuisine
Quoi en faire ?
Le gingembre se marie au sucré comme au salé, au chaud comme au frais. C'est un pilier discret mais omniprésent de la table créole.
- En thé (thé-gingembre) : râpé dans l'eau chaude avec un peu de citron et de miel.
- En sirop, base de boissons rafraîchissantes et de cocktails.
- Dans le colombo et les marinades, pour relever viandes et poissons.
- Glissé dans le ti-punch pour une version épicée.
- Confit ou en confiture, pour le côté sucré-piquant.
Croyances
Aphrodisiaque, brûle-graisses ? Prudence
On prête au gingembre des vertus aphrodisiaques et amaigrissantes, largement reprises par le marketing des compléments alimentaires.
Côté science : aucune preuve solide d'un effet aphrodisiaque chez l'humain, et l'effet « brûle-graisses » se limite, au mieux, à une très légère action que rien ne rend cliniquement significative pour maigrir. Le gingembre est un excellent aromate et un anti-nausée démontré — pas une pilule minceur ni un philtre d'amour.