Origine
Une racine de la route des Indes
Le curcuma (Curcuma longa) vient du sud de l'Asie, où il est cultivé et vénéré depuis plus de quatre mille ans, à la fois épice, colorant et plante rituelle. Il arrive aux Antilles avec l'engagisme indien, au XIXᵉ siècle, qui apporte aussi le colombo.
Aux Antilles, on l'appelle « safran-péyi » pour la couleur d'or qu'il donne aux plats — sans lien botanique avec le vrai safran (le pistil du crocus).
Botanique
Cousin du gingembre
Comme le gingembre, le curcuma est une Zingibéracée dont on utilise le rhizome souterrain. Frais, il ressemble à un petit gingembre à chair orange vif ; séché et réduit en poudre, il devient l'épice jaune qu'on connaît.
Sa couleur vient de la curcumine, un pigment qui est aussi le composé le plus étudié de la plante.
En cuisine
L'âme du colombo
Le safran-péyi est indissociable de la cuisine créole d'influence indienne :
- Dans la poudre de colombo, avec coriandre, cumin, moutarde et piment.
- Pour colorer et parfumer riz, lentilles et légumes.
- Frais, râpé dans les marinades et les bouillons.
- En boisson, le « lait d'or » (curcuma, lait, poivre, épices).
Croyances
Anti-inflammatoire miracle ? Prudence
Le curcuma est le champion des compléments alimentaires « anti-inflammatoires », présenté comme bon contre l'arthrose, le cancer, la dépression, à peu près tout.
La science est bien plus prudente : la curcumine est très mal absorbée par l'organisme (elle est presque toute éliminée), et les résultats cliniques restent faibles et discutés malgré des milliers d'études. En épice de cuisine, le curcuma est excellent et sans risque ; en cure de compléments dosés, le bénéfice réel n'est pas démontré, et de rares cas d'atteintes du foie ont été rapportés.