Pourquoi ce dossier
Documenter pour éloigner
Une plante toxique ne disparaît pas parce qu'on n'en parle pas. Elle disparaît des accidents quand on sait la reconnaître. C'est tout l'objet de ce dossier : nommer, décrire, et rappeler le réflexe qui sauve.
Ces plantes n'ont ici aucune recette, aucune posologie, aucun « usage bien dosé ». Certaines ont des emplois traditionnels externes réels — mais l'écart entre le geste maîtrisé et l'accident est trop mince pour être documenté au grand public.
À reconnaître
Le poison-spectacle : datura, laurier-rose, ricin
Le datura — « concombre-zombie » — hante l'imaginaire créole : fleurs en trompette, fruit épineux, alcaloïdes tropaniques. Il n'a pas de « bonne dose ».
Le laurier-rose fleurit sur tous les ronds-points ; son oléandrine résiste au séchage et à la cuisson. Les intoxications documentées viennent de rameaux utilisés comme brochettes, ou de bois brûlé dans un barbecue.
Le ricin porte de jolies graines marbrées qui contiennent la ricine, l'une des toxines végétales les plus puissantes connues. Une plante ornementale à ne jamais laisser à portée d'un enfant.
À reconnaître
L'arbre, la graine, le latex : mancenillier, médicinier, sablier
Le mancenillier est l'arbre le plus dangereux de la Caraïbe : sève caustique, fruits attirants et toxiques, fumée irritante à la combustion. On ne s'abrite même pas dessous sous la pluie.
Le médicinier (Jatropha curcas) a un usage externe traditionnel du latex — mais ses graines, qui ressemblent à des noisettes, envoient régulièrement des enfants au centre antipoison.
Le sablier (Hura crepitans) projette ses graines quand ses capsules explosent, et son latex est violemment irritant.