Recette · Sirop
Le jus de canne cuit jusqu'au brun : le seul sirop du grimoire que la chaleur fabrique au lieu de l'abîmer.
La recette
Pourquoi ce geste · Sa lasyans di
Sensible à chaleurtempsacidité (pH)
Ici la chaleur n'est pas l'ennemie, c'est l'outil. Un jus de canne est une solution de saccharose légèrement acide ; chauffé, le saccharose s'hydrolyse en glucose et fructose — les « sucres invertis » —, d'autant plus vite que le milieu est acide (Edye & Clarke : mesurable en quelques heures à pH 5,6 et 100 °C, quasi nul à pH 7), et ces sucres invertis empêchent la cristallisation (Cornell Maple Program). Quand l'eau s'en va et que la température du sirop concentré dépasse 100 °C, le saccharose se dégrade par caramélisation : couleur, 5-HMF, arômes (Quintas et coll., 100-160 °C). C'est tout le brun du sirop de batterie. Le geste consiste donc à aller assez loin pour que la couleur et l'épaisseur viennent, et à s'arrêter avant le caramel brûlé : la goutte sur l'assiette froide est le thermomètre du péyi.
Sources du procédé
La « batterie », chez Labat, c'est la dernière chaudière de la sucrerie, celle où le sirop finit sa cuite. Le nom est resté au sirop lui-même : à Marie-Galante on le vend encore en bouteille, on en fait le caca-bœuf, on le verse sur le pain. C'est du vesou réduit, rien d'autre — et c'est précisément pour ça qu'il ne ressemble pas au sirop de canne du commerce.
Sources
Recette de registre culinaire et rituel. zebapik documente une préparation traditionnelle ; il ne prescrit pas. Règlement (CE) 1924/2006 — aucune allégation de santé.
Les plantes du grimoire